Qu’est-ce qu’une application mobile native ?

1,95 milliard d’applications mobiles téléchargées en France en 2019 ! La croissance du marché des ‘apps’ se poursuit, comme le confirme le récent rapport d’App Annie State of Mobile 2020.

Si vous êtes spécialiste du digital, vous avez sûrement pris connaissance du parcours remarquable de ces couteaux-suisse connectés et de leur poids considérable dans le business 2.0 d’aujourd’hui.

Mais connaissez-vous tous les aspects d’une application mobile ?

Applications natives, hybrides, PWA, web mobile… Il n’est pas facile de s’y retrouver, tant les distinctions entres ces technologies sont souvent peu perceptibles à l’usage.

Nous avons revêtu nos chapeaux de détectives et avons mené l’enquête* pour vous permettre d’y voir un peu plus clair.

Dans cet article, nous nous arrêterons particulièrement sur le format natif, le plus répandu de nos jours.

Les applications natives : les stars du mobile ! 🥇

Commençons notre enquête par le haut du panier : les applications mobiles natives.

Définition

Tout d’abord, comment définir une application native ?

Les applications mobiles natives sont des programmes développés pour fonctionner sur les systèmes d’exploitation utilisés par les smartphones et tablettes.

Ces programmes, installés localement sur le “device”, utilisent les capacités de ce dernier, couplées à celui de son OS, pour pouvoir fonctionner normalement.

Les deux principaux systèmes d’exploitation (OS) mobiles sont aujourd’hui :

  • Android (76,5% de part de marché en France), présent sur la plupart des smartphones. Les applications Android sont développées en langage de programmation Java ou Kotlin.
  • iOS (23,5% de part de marché en France), présent uniquement sur les iPhones de la marque Apple. Les applications iOS sont développées en langage Swift (auparavant Objective-C).

Les applications mobiles natives ont des finalités très larges : aider l’utilisateur à s’organiser, à communiquer, à utiliser des services, à acheter des biens, à interagir avec son environnement, à créer quelque chose, à accéder à de l’information pertinente pour ses prises de décisions…

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Avantages et inconvénients des applications natives

Les applications natives présentent de nombreux avantages, de part le nombre important de fonctionnalités qu’elles peuvent contenir, et par l’expérience riche qu’elles proposent à leurs utilisateurs. 

De quelles fonctionnalités parle-t-on ?

Pour résumer simplement, de toutes celles intégrées à l’OS/le modèle de smartphone sur lequel l’App mobile sera installée. 

On peut citer :

  • L’appareil photo, 
  • La géolocalisation,
  • L’authentification biométrique,
  • Le bluetooth,
  • Le paiement sans contact,
  • Les notifications in-app et out-app (Push)…

À vrai dire, le format natif est celui qui s’adapte le mieux aux capacités et limites de chaque smartphone. Une application iOS, par exemple, sera spécifiquement conçue pour fonctionner sur iOS, et pourra offrir une expérience plus immersive, calquée sur les standards d’Apple.

Les applications natives vont également pouvoir tirer partie de la puissance de calcul du téléphone, pour pouvoir réaliser des tâches complexes, fluidifier les parcours en chargeant les pages plus rapidement, etc.

Pour illustrer cette idée, nous avons identifié deux applications qui nécessitent d’être natives pour fonctionner à leur plein potentiel : Snapchat et Waze. Nous vous proposons de vous expliquer les cas d’usages.

Snapchat, tout d’abord, demande l’accès à l’appareil photo et aux contacts. Pour les détenteurs d’iPhones, ce ne serait pas possible en passant par d’autres types d’applications (nous le verrons juste après).

Ensuite, le fait de développer en code natif permet d’aller plus loin en matière d’expérience dans l’app. On peut, par exemple, swipper à droite ou à gauche pour changer d’écran, ce qui rend la navigation très pratique. Chaque élément présent sur les pages est placé de telle sorte à rendre son accès simple et intuitif.

Aperçu des fonctionnalités et du design de l'application native Snapchat

(Le plus d’une app native) => Comment pourrais-je mettre en valeur ce magnifique Maurice si Snapchat n’avait pas accès à ma caméra ?

 

Prenons Waze comme autre exemple. L’application a besoin de vous géolocaliser en permanence et doit traiter énormément de données, ce qui nécessite d’exploiter la puissance du téléphone. Là est aussi l’avantage du natif. 

De plus, si vous utilisez Waze, vous avez pu admirer le travail de profondeur effectué sur l’aspect graphique de l’app. Les équipes UX design ont réalisé un travail pointu pour rendre l’application aussi esthétique et agréable à utiliser.

Aperçu du du design de l'application native Waze

(Le plus d’une app native) => Comment Waze pourrait suivre mon parcours et m’informer en temps réel sans pouvoir utiliser le gps et la puissance de calcul de mon téléphone ?

 

De façon générale, développer en natif vous permettra d’obtenir plus facilement une application dotée d’un contenu riche et performant. Par exemple, si vous souhaitez créer un jeu mobile.

D’un autre côté, les applications natives détiennent le bel avantage de pouvoir fonctionner sans connexion internet. En effet, une partie du contenu de l’app est installée localement sur l’appareil, ce qui lui permet de s’afficher sans nécessiter de connexion à un réseau.

De plus, certaines applications proposent de télécharger du contenu pour pouvoir l’utiliser hors connexion. C’est le cas de certaines applications de tourisme, ou de streaming vidéo.

Cet avantage va être très utile aux utilisateurs quand ces derniers se situeront dans une zone sans réseau et voudront quand même profiter de leurs applications.

Après les avantages, quels inconvénients peut-on citer ?

L’inconvénient principal est sans doute l’investissement important que les apps natives requièrent pour les éditeurs. Si vous choisissez ce format, il vous faudra maintenir deux versions d’applications pour toucher à la fois les utilisateurs d’Android et d’iOS. Cela implique de mobiliser des équipes spécialisées en langage de programmation natif Android et iOS (des profils de développeurs différents) pour développer vos apps. 

Ensuite, les applications natives, tout comme les logiciels bureautiques, sont construites sous forme de versions. Chaque version est égale à une application unique. Ainsi, pour effectuer des modifications structurelles sur l’app, celle-ci devra être mise à jour.

C’est le rôle des éditeurs de maintenir régulièrement à jour leurs applications pour répondre aux attentes de leurs utilisateurs : amélioration de la navigation, des fonctionnalités, corrections de bugs ou de failles de sécurité…

Pour profiter de ces correctifs réguliers, les utilisateurs devront télécharger chaque mise à jour de leurs applications. Là réside le second inconvénient.

Pour résumer, le temps et le coût de développement des applications natives sont assez élevés, et vous devez être sûr(e) de ne pas manquer votre pari si vous souhaitez en tirer un bénéfice.

Popularité des applications natives

Les apps natives sont les applications les plus présentes et utilisées de nos jours. Quand on parle d’applications mobiles aujourd’hui, on fait référence de fait aux apps natives. Ex : Whatsapp, Messenger, Snapchat…

Le format natif a été pionnier sur mobile, et longtemps celui utilisé par défaut. Les apps natives sont de plus largement accessibles, notamment grâce à la portée des stores d’applications (Google Play, App Store) d’où elles sont téléchargeables. On en compte en 2020 plus de 6 millions disponibles sur ces plateformes.

Les PWA : Les challengeuses 🥈

Les PWA sont devenues de sérieuses concurrentes aux applications mobiles natives. Penchons-nous un peu sur le cas de ces graines de star.

Définition

Les PWA (Progressive Web App), Apps HTML5, Homescreen Web App ou encore applications web ont des définitions qui varient en fonction des spécialistes.

Maximiliano Firtman, dans un récent article, définit les PWA comme « des coquilles pouvant accueillir une expérience d’application mobile, en utilisant des technologies web« . Nous nous baserons sur cette définition pour la suite de l’article.

Les PWA, peu importe la définition qu’on leur donne, seront développées avec des langages de programmation web (HTML5, CSS3, Angular, React…) et exécutées depuis un navigateur mobile (Google Chrome, Safari…).

Avantages et inconvénients des PWA

Les PWA bénéficient de tous les avantages et inconvénients liés aux navigateurs :

  • Elles profitent du référencement web,
  • Elles utilisent les notifications web,
  • Elles sont mises à jour en temps réel…

L’autre avantage des applications web, côté développement, est qu’elles seront moins chères à produire. En effet,  il n’y aura cette fois-ci pas besoin de maintenir deux codes natifs.

De plus, elles n’auront pas à être hébergées sur un store d’application. On peut les télécharger simplement depuis les navigateurs de chaque smartphone, en se rendant sur les sites web des marques.

Côté inconvénients, les PWA pêchent par leurs limitations sur les fonctionnalités. Elles ne permettent pas d’accéder à toutes les fonctions natives des smartphones, et sont moins adaptables aux OS. Cela peut représenter un point bloquant dans l’expérience utilisateur.

On peut noter que l’expérience sur une application web variera aussi d’un OS à l’autre. L’environnement Android, davantage tourné vers les fonctionnalités et la personnalisation, offrira davantage de possibilité que l’environnement iOS, centré avant tout sur les performances et la sécurité de ses utilisateurs.

Par exemple, les PWA Android pourront accéder à la fonction bluetooth du smartphone, ce qui ne sera pas le cas des PWA iOS.

Voici un résumé des fonctionnalités disponibles sur Android et non iOS :

Comparatif des fonctionnalités entre une PWA Android et une PWA iOS

 

Passons maintenant à l’aspect design.

Il sera souvent difficile de reconnaître une PWA sur son smartphone, tant son icône peut ressembler à celle d’une application native. Je vous laisse vous en rendre compte par vous-même.

Icônes des applications natives et PWA L'Équipe, Le Monde et Twitter

Saurez-vous différencier les PWA des apps natives ? Réponse en fin d’article 🙂**

 

Ensuite, l’affichage de l’application lors de son ouverture va être différent.

Sur une application native, on retrouvera presque toujours un splash screen : icône, illustration animée, publicité… Tandis que sur les PWA, nous avons constaté que l’accès au contenu de l’app était souvent immédiat (à condition bien sûr d’avoir une connexion internet suffisante).

Au cours de l’utilisation de l’app, on retrouve une expérience différente des apps natives. Les différences sont plus ou moins marquées en fonction des éditeurs.

À cet effet, arrêtons nous un instant sur les applications L’Équipe.

L’Équipe est un média français spécialisé dans l’actualité sportive, qui dispose aujourd’hui d’une application mobile, d’une PWA et d’un site mobile.

En naviguant sur la PWA, on remarque tout de suite quelques légères différences sur l’aspect design.

Par exemple, sur le header, la façon dont vont s’afficher les images des articles, la présence de publicités dans le feed sur l’application native, la position du bottom menu…

Aperçu de l'application native et de la PWA L'Équipe

App Native à gauche VS PWA à droite : le jeu des 3 différences

 

Côté expérience, très peu de différences à noter. Certaines pages n’ont pas la même structure, comme la page d’abonnement. On notera aussi l’impossibilité de gérer ses alertes dans le menu de l’application web. 

Dirigeons nous maintenant du côté de Twitter.

Tout comme L’Équipe, entre l’application native et la PWA, le menu et certaines pages ne sont pas construits de la même manière. Le texte et les images seront de tailles différentes. On observe également l’absence de message indiquant la publication de nouveaux tweets sur la PWA.

Aperçu de l'application native et de la PWA Twitter
 

Côté fonctionnalités, sur la PWA, nous avons noté que :

  • Le scan de QR code n’est pas disponible,
  • L’ajout de sa localisation lorsque l’on tweet est impossible,
  • Les possibilités liées à l’appareil photo sont limitées. 

Popularité des PWA

Si 20 millions d’applications web ont été installées en 2019, elles se situent encore loin des applications natives.

En effet, on compte environ 80 000 domaines de provenance des PWA installées, tandis qu’il y a 800 000 éditeurs enregistrés sur Google Play et 792 999 sur l’App Store. Il est difficile de faire l’estimation de la part de PWA installées avec exactitude, d’autant plus qu’on peut désormais en retrouver dans le Play Store.

On observe néanmoins que les PWA sont sur une pente ascendante : elles profitent des dernières nouveautés affectant les navigateurs (google chrome, samsung internet, microsoft edge, safari…) et voient leurs capacités croître progressivement. 

Pour 2020, un accès plus important aux fonctionnalités des smartphones est à prévoir, notamment sur Android. Le design des PWA est aussi en train d’évoluer avec la généralisation du mode sombre, l’apparition des smartphones pliables et les icônes dissimulables.

Si vous souhaitez vous-même développer une application mobile, cette évolution peut venir renforcer votre questionnement sur le choix de la technologie à utiliser. Nous approfondirons le sujet au cours d’un prochain article.

Les applications hybrides : les petits poucets 🥉

Passons maintenant aux applications hybrides, qui tentent depuis plusieurs années d’obtenir leur place dans le tout-Appllywood.

Comme vous devez vous en douter, une application hybride est codée de telle façon à pouvoir convenir à la fois à Android et iOS.

Elle pourra être développée à partir du code d’un site web :

  • CSS,
  • JavaScript,
  • HTML,
  • HTML5…

…d’un code hybride (Cordova, React Native) ou d’une application web existante. Les écrans de l’application seront essentiellement des webviews qui se logeront dans un conteneur natif.

Les applications hybrides, tout comme les natives, seront téléchargées sur les stores. 

Quels avantages ont permis aux applications hybrides de tirer leur épingle du jeu ?

Le plus important est sans nul doute le concept de multiplateforme. Les applications hybrides se basent sur un seul code qui va convenir à la fois à iOS et Android. Comme les PWA, cela représente d’importantes économies en matière de temps et de budget de développement. De plus, une partie de leur contenu étant généré depuis le web, celui-ci sera mis à jour automatiquement, ce qui allégera le travail des équipes chargées de sa maintenance.

L’autre avantage notable est qu’elles garantissent une bonne expérience utilisateur, car elles peuvent inclure des fonctionnalités et possibilités natives (hors connexion, appareil photo, notifications push…).

Avec de tels avantages, pourquoi les hybrides ne sont-elles au sommet du palmarès ?

À vrai dire, malgré leur côté séduisant, les applications hybrides vont souffrir d’un inconvénient de taille : à vouloir convenir à deux environnements différents, elles ne vont pas pouvoir offrir la meilleure expérience pour chacun d’eux.

Ces dernières vont être limitées à la fois sur l’aspect du design, des fonctionnalités et des performances (pas de panique, nous synthétiserons ces informations en fin d’article).

En fin de compte, l’app hybride est un peu cet artiste qui s’avère être bon dans plusieurs domaines sans briller nulle part. Elles sera donc déconseillée pour les éditeurs souhaitant offrir l’expérience la plus riche possible à leurs utilisateurs.

Le développement hybride est une pratique récente, mais de plus en plus répandue. Certaines applications très connues aujourd’hui, comme Instagram ou LinkedIn, y ont recours.

Les sites mobiles : les has been ? 🧸

Parlons enfin des sites mobiles. 

On peut définir un site mobile (ou web mobile) comme une seconde version d’un site web “desktop”, dont la structure et le design sont adaptés au format mobile.

Tous les contenus, le texte, les images et les boutons d’actions seront notamment placés de telle sorte à être plus facilement visibles, ce qui facilitera l’interaction. 

Si comme les PWA, les sites mobiles bénéficient des avantages liés aux navigateurs, ils offriront une expérience moins aboutie que les applications.

Aperçu du site mobile et de l'application native Fnac

Le site mobile de Fnac à gauche et son application (native) à droite

 

Captant seulement 13% du temps passé sur des contenus mobiles, le web mobile est logiquement sur le déclin. Il est fortement déconseillé aux marques souhaitant obtenir de bons taux de conversion et de fidélisation de miser sur un site mobile, au risque d’être déçues.

À la manière d’un Jackson Maine dans A Star is Born, les sites mobiles tendent à passer la relève à plus jeune et flamboyant qu’eux.

Notre rapport d’enquête (Récapitulatif) 📋

Chose promise, chose due. Voici le tableau récapitulatif que nous avons concocté pour le magazine Weekly Follow’ Apps :

Nous vous invitons à ouvrir l’image dans un nouvel onglet pour l’afficher en plus grand.

Bonus : comparatifs de plusieurs interfaces mobiles

Aperçu de l'application native, de la PWA et du site mobile Le Monde

L’application native, la PWA et le site mobile de Le Monde

 

Aperçu de l'application native, de la PWA et du site mobile Twitter

L’application native, la PWA et le site mobile de Twitter

 

Pour vous rendre compte de toutes les différences par vous-même, nous vous invitons à télécharger plusieurs applications natives, hybrides et PWA, ainsi qu’à vous rendre sur des sites mobiles. Vous pourrez alors effectuer vos propres tests.

Cet exercice sera aussi le meilleur moyen de définir quelle technologie vous conviendra le mieux si vous souhaitez développer votre propre application.

New call-to-action

 

*Note : nous n’avons violé la vie privée d’aucune application pendant toute la durée de cette enquête 👀

 

*Réponse pour la différenciation des icônes Natives / PWA :

L’Équipe : PWA à gauche, native à droite

Le Monde : Native à gauche, PWA à droite

Twitter : Native à gauche, PWA à droite